PLUBEAU Camille ciel de gloire - histoire des as de l\'aviation de 1914 à nos jours
PLUBEAU Camille


 


 

 

 






 


Né le 6 janvier 1910 à Auxelles-Haut
Décédé le 13 mars 1998

 

 

Sous-Lieutenant

8 victoires homologuées
6 victoires en collaboration
4 victoires probables



 



Grade Date
Unités
Arrivée Départ Fonction Secteur
Sgt
10/30
 
Armée Air - Chasse 1929 1932 Pilote France
S/C
193?
 
Armée Air - Obs 1932 1934 Pilote Maroc
Adj
193?
 
GC I/5 1935 05/39 Pilote France
Slt
194?
 
GC II/4 05/39 08/40 Pilote France
Lt
03/42
 
GC I/5 09/40 11/42 Pilote AFN
Cpt
09/44
 
GC 2/5 "Lafayette" 11/42 05/43 Pilote Tunisie
Cdt
10/46
 
GC 1/5 "Champagne" 05/43 02/44 Pilote AFN
     
CIC Meknès 02/44 11/44 Pilote AFN
     
GC 2/9 "Auverge 11/44 02/45 Chef Escadrille AFN
     
CIC Meknès 02/44 11/44 05/45 France

 

Camille Plubeau est né le 6 janvier 1910 à Auxelles-Haut, dans le territoire de Belfort. Il est sélectionné en mars 1929 pour suivre les cours de l'école Morane d'Angers où il obtient son brevet élémentaire le 10 août suivant. Après un stage de perfectionnement à Istres, il est affecté en décembre 1929 au second groupe du 34eme Régiment d'aviation mixte stationné au Bourget. Nommé Sergent en octobre 1930, il quitte la chasse en juin 1932 pour voler sur Potez 25 au sein de la 9e Escadrille du 37e Régiment d'Aviation d'Observation au Maroc. Rentré en France en décembre 1934, il est affecté en avril 1935 au GC I/5 à Lyons, puis à Reims. En mai 1934, il intègre le GC II/4 nouvellement formé.

Le 3 septembre 1939, lorsque la France déclare la guerre à l'Allemagne, l'Adjudant Plubeau se trouve à Xaffévillers, comme chef de patrouille au sein de la 4eme Escadrille du GC II/4, équipé de Curtiss H-75. Huit jours plus tard, il est victime de son premier accident, brisant sa jambe de train après être passé dans un trou.

 

Curtiss H-75 du GC II/4

 

CAMPAGNE DE FRANCE

 

24
septembre
1939

 

 

 

A 14 h 40, décollent 2 patrouilles en mission de protection d'un Potez 637 du GR II/52 à 1500 m. sur le secteur Eppembrum-Hornbach composées comme il suit : Adjudant Plubeau (H-75A-2 n° 108) aspirant Le Calvez, Sergent De La Chapelle (H-75A-1 n° 66), Lt Dupéret , Adjudant Dardaine et Adjudant Tesseraud (H-75A-1 n° 74). Arrivée sur le secteur à 15 h. et à basse altitude à cause du plafond, rien n'est à signaler jusqu'à 15 h 30. A ce moment, l'Adjudant Plubeau voit l'ennemi sous la forme de 6 Me 109D du JGr 152 qui se trouvent à l'Est d'Hornbach, bientôt rejoints par 4 Me 109E des I et 6./JG 53. Par radio tout le monde est alerté : "Attention, préparez vos mitrailleuses, voilà les Fritz". Le combat s'engage immédiatement, les patrouilles s'attaquant de face. Très rapidement, l'avantage est pris par Plubeau et les siens. En 10 minutes, 2 avions ennemis sont abattus, l'un tombe dans les lignes françaises, abattu par l'Adjudant Dardaine, l'autre est descendu par l'adjudant Plubeau au sud de Pirmasens. Mais au cours du combat le Sergent De La Chapelle a été touché. Son avion est en feu. Avec décision, il revient en rase mottes dans nos lignes et là, après une superbe chandelle, se laisse tomber en parachute et atterrit en territoire français, à 800 m. des lignes où il est reçu a bras ouverts par nos fantassins.

Tout le monde se regroupe et revient sur le secteur. A 15 h. 45, nouvel engagement sans résultats surs, quoique les Adjudants Tesseraud et Plubeau aient chacun poursuivi un avion ennemi à 50 mètres dans la queue jusqu'à épuisement complet des munitions et aient observé des fuites d'eau ou d'essence significatives.

Bref, tout le monde est sauf, et, à part De La Chapelle, rentre au terrain. Le Lt Dupéret a son avion touché par de nombreuses balles et un obus de petit calibre. L'adjudant Dardaine, en plus de sa victoire, ramène aussi des balles.

Le soir, au Mess des sous-officiers, cette glorieuse journée s'arrose dans la joie..

30
septembre 1939

Au cours d'une mission de couverture sur Dellfeld - Eppenbrunn entre 11 h et 11 h 20, cinq Curtiss qui escortent un Potez 63 interceptent 6 Me 109 qui tentent d'attaquer l'appareil de reconnaissance. Camille Plubeau, aux commandes du Curtiss H-75A-1 numéro 88 parvient à toucher l'un des Me 109 qui crache une épaisse fumée mais il ne peut le suivre, De La Chapelle étant en difficulté, et doit se contenter d'une victoire probable.

 

 

31
octobre
1939

Chasse libre sur le secteur du Rhin de 15 h.45 à 16 h.15. Avion d'observation ennemi signalé en bordure du fleuve entre 15 h.30 et 16 h.30. L'Adjudant Plubeau emmène une patrouille double composée ainsi : Adjudant Plubeau (Curtiss H-75A-2 n° 169) - Lieutenant Vincotte - Adjudant Tesseraud - Adjudant Baptizet - Lieutenant Duperret. Un Hs 126 du 4.(H)/22 est attaqué à 16 h 00. Son pilote pose l'appareil dans un champ vers Offenburg après que 5080 cartouches aient été tirées dans sa direction et que son mitrailleur arrière ait été tué.

8
novembre
1939

Mission à effectuer : la 3ème escadrille doit assurer la protection d’un Potez 631 de 14 h. à 14 h 20 ? L'escadrille doit elle-même assurer la protection de la 3 en arrivant à 14 h 10 à l’altitude supérieure (6000 mètres), participent à cette mission : Lieutenant Vincotte Adjudant Plubeau (Curtiss H-75A-2 n° 169) Adjudant Baptizet Adjudant Tesseraud Capitaine Borne Sergent De La Chapelle. Le lieutenant Vincotte qui devait commander la patrouille Guide s’enlise au départ. Il viendra sur les lignes mais ne trouvera pas les patrouilles. L'Adjudant Plubeau prend le commandement de la patrouille double de l’Escadrille. Peu de temps après son arrivée sur le secteur il aperçoit vers 6500 mètres encore loin chez l’ennemi, un bimoteur, bidérives qui lui paraît douteux. Il se trouve suis à 5.800 : il fait le signal ennemi en vue et fait un large virage en prenant de l’altitude. Le capitaine Borne en panne de mitrailleuses rentre au terrain. Baptizet se joint à la patrouille. L’avion s’approche de la France, et Plubeau se place à l’arrière en continuant à grimper, 2 Me 109 viennent reconnaître le bi-moteur, Plubeau pense qu’ils vont l’attaquer…non, ils font demi-tour… De La Chapelle, le seul, les poursuit et se fait attaquer. Plubeau se rapproche toujours, ayant Baptizet à sa gauche et derrière, Tesseraud, plus en arrière encore et à droite. Plubeau est à 60 mètres de l’arrière, légèrement au-dessous et dans l’axe. L’ennemi ne les a pas vu car il ne bouge pas. Plubeau prend son temps, il l’ajuste et tire une rafale. Il voit ses balles arriver dans les réservoirs, à chaque impact il sort une flamme, Baptizet voit également très bien l’effet de ses balles. La fumée commence à sortir l’avion fait une abattée à gauche. Il a son compte. Il s'agissait d'un Do 17P de la I.(F)/22 dont deux membres d'équipage seront capturés. Bien que de nombreux pilotes aient tiré sur le Dornier, seul Plubeau se vot attribuer le crédit de la victoire, le Capitaine Borne estimant, contre l'avis du Lieutenant Guieu, que son attaque décisive aurait suffit à envoyer l'appareil au tapis.

23
novembre
1939

En fin de matinée, Plubeau et le lieutenant Girard partent à leur tour, après que Baptizet ait échoué dans l'interception d'un bombardier isolé. Les deux pilotes sont attirés par la D.C.A. de Sarrebourg sans succès. Enfin, vers Charmes, ils voient un Do 17 qui file très haut vers l’est. Ils le poursuivent : Plubeau se met en position de tir. Malheur ! sur six mitrailleuses, une seule (de capot) fonctionne, et pas de balles incendiaires. Il a peut-être tué le mitrailleur ? En tout cas ses armes ne tirent plus. Quant au lieutenant Girard, il regardait Plubeau tirer. Quand Plubeau eut terminé son carton. Girard se rapproché du Do 17 qui, tout de suite, pique et il le perd de vue. Journée manquée : Plubeau est écoeuré. Décidément ces «six mitrailleuses» sont une source d’ennuis. Plubeau réclame à corps et à cris un « 4 mitrailleuses » hélas, ils se font de plus en plus rares.

 

 

Cette fois le calme est rompu... Tesseraud est content. il était environ 4 heures 10 lorsque nous avons tous été réveillés en fanfare : ronrons de moteurs, sifflements d'éclatements de bombes et tirs de D.C.A. Que se passe-t-il ? Des bombardiers ennemis, venus en deux vagues, essaient de bouleverser notre terrain, heureusement noyé dans le brouillard. Malgré cette protection naturelle, 50 bombes sont tombées sur le terrain et ses abords immédiats (d'autres sont tombées plus loin). La 3ème Escadrille a été la plus touchées, 5 de ses avions sont touchés, et le mess des officiers est détruit; un soldat, un ancien qui devait être libéré ce jour même est gravement blessé; on doit l'amputer d'une jambe.

L'Escadrille a été plus épargnée : un seul avion a reçu un éclat, pas de blessés. Seul le sergent Imbert qui était de garde et qui s'était couché dans un fossé quand les bombes tombaient a été fortement commotionné pas une bombe qui a éclaté tout près de lui. Enfin des renseignements : la Belgique, la Hollande et le Luxembourg ont leur frontière violée. Plus de doute, c'est la vraie guerre et, comme le dit Jaussaud : « la guerre des papiers et des révérences est terminée ».

Les bombes ont eu heureusement le bon esprit de tomber à des endroits déjà interdits aux avions : nous pouvons ainsi décoller sans trop de difficultés et effectuer plusieurs missions au cours de la journée. Mais hélas ! Les renseignements arrivent mal, très dispersés, faux et incomplets. Impossible de retrouver l'itinéraire de toutes ces expéditions réunies et cette chère D.A.T du temps de paix en souffre.

Beaucoup de missions de couverture aujourd'hui dont aucune n'est couronnée de succès le matin. Par contre un peu de bagarre l'après-midi. Au cours d'une première mission, Baptizet, Tesseraud et Jaussaud sont attaqués par une dizaine de ME-109, mais devant cette supériorité leur rôle n'est obligatoirement que passif. Jaussaud est sidéré : « ils nous grimpent sous le nez avec une facilité dérisoire et nous ne sommes qu'à 5.500 mètres » dit-il. Bagarre sans résultat et sans dommage pour personne, seul l'avion de Tesseraud a reçu une balle dans le plan droit.

11 mai 1940

 

 

De nouveau des couvertures avec des patrouilles simples ou légères. Quelle impression pénible. Au cours d’une de ces couvertures, vers 10 heures, la patrouille composée du Sous-lieutenant Plubeau (Curtiss H-75A-2 n° 130) de l’adjudant Tesseraud (Curtiss H-75A-1 n° 8) et du sergent chef Jaussaud est orientée vers un groupe de bombardiers. Très vite ils rencontrent effectivement plusieurs pelotons comprenant 18 He 111, mais Plubeau voit aussi une douzaine de Me 109 qui les protègent. Ils font une passe rapide par l’avant et seul, Jaussaud, qui veut renouveler l’attaque, se fait accrocher par les chasseurs boches. Il est vite dégagé par Plubeau et Tesseraud au cours d’un combat rapide qui se termine par la chute d'un Me 109

Jaussaud doit rentrer au terrain. Les deux pilotes français reviennent à l’attaque des Heinkel. Plubeau a l’ailier gauche dans son collimateur tout près. Il tire dans le moteur gauche, il tire sans arrêt, jusqu’au retour des Me 109 qui l’obligent à rompre le combat avant d’être sûr de sa victoire : mais du terrain ou on peut voir les dernières phases de ce combat, les mécaniciens sont formels : ils ont vu l’un des He 111 du peloton faire demi-tour. Et on apprenait qu’une demi-heure après un He 111 s’abattait à 80 kilomètres de là avec le moteur gauche en feu. Mais cet avion est réclamé par la D.C.A. D’autres couvertures ont lieu pendant toute la journée, mais sans aucun succès. Notons d’ailleurs qu’"ils" travaillent plus le matin que le soir. Travail fébrile de la part de tous et en particulier des mécaniciens entretien des avions, plein, travaux de terrassement de tranchées : les heures ont été bien remplies. Que nous réserve demain ?

15 mai 1940

 

 

 

 

 

Mission de couverture au Sud de Charleroi entre 11 h 00 et 12 h 10 réalisée par les sept Curtiss encore disponibles. Au Sud de Reims, les français rencontrent neuf bombardiers qu'ils identifient comme des "Ju 86" (En fait des Do 17 du III./KG 2) protégés par une douzaine de Me 109E des I et II./JG 52. Attaquant dans un premier temps les bimoteurs, les Curtiss sont aussitôt pris en chasse par les Me 109. Le Sous-Lieutenant Plubeau, les Adjudants Tesseraud (Curtiss H-75A-1 n° 8) et Baptizet (Curtiss H-75A-1 n° 96), abattent chacun un Me 109, le premier à côté de Vouziers, les deux autres un peu plus au nord (Les allemands reconnaittront la perte de 3 Me 109 ce jour là, deux du Stab I./JG 52 et 1 du II./JG 52).

Le Capitaine Guieu (H-75A-2 n° 186) parvient à toucher un Me 109 mais emporté par son élan il se rapproche rapidement et ne peut poursuivre le tir. Il est 11 h 30 et le Me 109 s'enfuie en laissant échapper une fumée blanche qui laisse penser que le radiateur est touché. Il est aussitôt pris en chasse par le S/C Casenobe (Curtiss H-75A-2 n° 103) qui le laisse finalement partir, considérant qu'il ne pourra regagner sa base. Reprenant de l'altitude, Guieu regroupe le S/C Casenobe et le Sous-Lieutenant Baptizet. A 12 h 30, ils rencontrent un Hs 126 sur lequel ils effectuent de nombreuses passes après que l'appareil de reconnaisance se soit rapproché du sol pour tenter d'y trouver refuge. L'appareil est literralement criblé de balles, tuant le mitrailleur arrière. Concentré sur la poursuite, le Capitaine Guieu ne remarque pas un arbre plus haut que les autres et en percute violemment la cime. Le moteur plein de branches, un bout de plan arraché et un cylindre percé par une balle, il parvient malgré tout à ramener son appareil au terrain. Une fois encore, ils abandonnent l'appareil alors que celui-ci est totalement désemparé. Il sera homologué aux 3 pilotes.

Pendant ce temps Paulhan, aux commandes du Curtiss H-75A-2 n° 192 se joint au Lieutenant Vinçotte et au Sous-Lieutenant Plubeau (Curtiss H-75A-1 n° 97) qui a repris de l'altitude pour détruire l'un des "Junkers" qu'ils abandonnent dans la région de Warmeriville. Outre la destruction du bombardier, l'attaque française a eu pour effet de provoquer le largage des bombes dans la nature. Les 3 pilotes se lancent alors à l'attaque d'un second bombardier mais Plubeau doit rapidement abandonner, une balle explosive ayant fait un trou de 15 cm au-dessus de son pare-brise. Des éclats ont traversé son casque et sont venu s'arrêter sur son cuir chevelu.

18 mai 1940


 

 

 

Entre 15 h et 15 h 30, mission de protection d'un Potez 63-11 du GR I/36 par 11 avions dont 6 pilotes dela 4eme Escadrille et 5 de la 3eme Escadrille qui volent à l'échelon inférieur : Commandant Rozanoff, Sous-Lieutenant Rubin, Capitaine Guieu (H-75A n° 189), Adjudant Paulhan (H-75A-1 n° 89), Sous-Lieutenant Plubeau (H-75A-2 n° 130), Sous-Lieutenant Baptizet, Capitaine Engler, Sous-Lieutenant Cordier, Lieutenant Girard, C/C Puda. Répartis en 4 patrouilles le dispositif attaque un premier Hs 126 isolé qui avait été signalé à 15 h 07 par Plubeau et qui est abattu 5 minutes plus tard par 4 pilotes de la 3eme Escadrille après une dizaine de passes : (Cdt) Rozanoff Yves (Cpt) Guieu Régis (Sgt) Paulhan Jean (Slt) Rubin René.

Une fois regroupé, le dispositif engage le combat avec des Me 109. Le Capitaine Engler et le Sous-Lieutenant Plubeau obtiennent une victoire à deux au Sud de Rethel (L'un d'eux est un Me 109E-3 du 7./JG 53 abattu à l'ouest de Rethel et dont le pilote est capturé).

Les Curtiss se regroupent à nouveau à 2500 m et rencontrent, vers 15 h 25, une trentaine de He 111 du KG 55. Les "Diables Rouges" attaquent les premiers, suivis par la patrouille de Plubeau. Deux He 111 sont abattus, partagés entre 6 pilotes : (Slt) Plubeau Camille, (Lt) Girard, (Cpt) Engler, (Cpt) Guieu Régis, (Slt) Rubin René, (Sgt) Paulhan Jean.

Alors qu'ils rentrent à leur terrain, une dernière rencontre avec une formation ennemie oblige les français à engager le combat alors que ceux-ci n'ont plus ni essence ni munitions. Au cours d'un bref échange, Plubeau parvient à placer sa dernière rafale sur un Me 109 du 2./JG 76 qui va finalement s'écraser près de la Fère et dont le pilote sera capturé. C'est la quatrième victoire de la journée pour Camille Plubeau qui, avec 10 victoires homologuées, prend largement la tête du palmarès de l'Escadrille et du Groupe.

Escorté par Paulhan, le Capitaine Guieu, moteur touché par un mitrailleur, se pose sur le terrain de Vraux, occupé par les Britanniques et regagnera le lendemain le terrain d'Orconte après une réparation de fortune

 

Camille Plubeau (Le plus à gauche)

 

6 juin 1940

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 6 juin, entre 5 h 30 et 6 h 05, mission de couverture sur Vic-sur-Aisne / Vailly, réalisée par 6 Curtiss : Sous-Lieutenant Fauconnet, le Sergent-Chef De La Chapelle, et le Sergent-Chef Jussaud, Sous-Lieutenant Plubeau (H-75A-3 n° 218), Lieutenant Hlobil Sous-Lieutenant Cordier.

Journal de marche :

Après un premier combat, le Sous-Lieutenant Plubeau reste seul sur le secteur avec son équipier, le Lieutenant Hlobil. Attaqué par 6 Me 109E de la 2./JG 76, plubeau vire, se met dans la queue du troisième et l'envoie s'écraser selon le témoignage de troupes au sol.

Comme la couverture demandée doit se faire à très basse altitude, Plubeau décide judicieusement d’arriver près du secteur à 5.000 mètres, pour dégager le ciel, si besoin est, et de descendre alors à l’altitude de travail, à 10 kilomètres de Soissons. Plubeau commence à descendre doucement en appelant par la radio Fauconnet qui se trouve beaucoup trop loin et beaucoup trop haut : non décidément Fauconnet ne comprend pas… Et quand six Me.109 lui tombe dessus la patrouille est seule pour recevoir le choc. Plubeau fait demi-tour en reprenant de l’altitude, mais il ne peut pas arriver avant que les boches n’ai réussi à faire du grabuge. Fauconnet en a eu un dans le dos tout de suite, il a pris une bonne giclée, qui a mis son avion hors de combat, lui-même est blessé à la jambe, il n’a plus qu'une chose a faire, rentrer au terrain où nous le voyons arriver sans fierté, et ou, après avoir vainement tenté de sortir le train, il est obligé de se poser, sur le ventre. Jussaud a pu, au cours du combat, se mettre dans la queue d’un Messerchmidt, et l’arroser copieusement ; il est fort probable qu’il l’a descendu, il l’a abandonné avec de la fumée caractéristique aux fesses, mais il en avait un autre derrière qui devenait mordant et il a du se dégager. Il ne ressort de l’issue de ce combat qu’une assez forte confusion dans l’ordonnance de nos patrouilles. Seuls, Plubeau et Hlobil, se retrouvent sur le secteur.

Quelques minutes après, six Me109 leur tombent sur le paletot, Plubeau vire à gauche en battant des plans, mais Hlobil aime le sport, il en a vite un dans la queue, qui lui envoie des giclées fantastiques, sans qu’il fasse autre chose que de rendre légèrement la main…Mais il y a un Dieu pour les jeunes pilotes, car le Me 109 dégage et laisse le brave Hlobil, continuer sa navigation en ligne droite… Quant à Plubeau, il n’a pas perdu son temps ; il s’est mis aussitôt dans le dos du troisième et a pu facilement tirer quelques rafales avant de dégager devant la menace de ceux qui suivaient. Résultat : le Messerchmidt s’est écrasé au sol comme le témoignait les troupes au sol, au cours d’une liaison téléphonique quelques heures après. Mais il n’en a pas moins perdu de vue Hlobil, il a même quelques inquiétudes. Il reste un moment encore sur le secteur et rentre tout seul au point de ralliement. Il n’y voit personne. Et pourtant Hlobil, y avait bien trouvé quelques instants plus tôt Cordier, De La Chapelle, et Jussaud qui étaient arrivés avant lui. Dans cet ensemble qui ne brille pas par son homogénéité, personne ne veut prendre l’initiative des opérations. Jussaud se décide enfin et veut emmener tout le monde vers.. L’ouest. Cordier réagit et part de son côté, avec Hlobil tous les deux arrivent bientôt à Orconte. Jussaud et De La Chapelle se retrouvent tout d’un coup à La-Ferté-sous-Jouarre… (drôle d’idée). Là ils se rendent compte de leur erreur (heureusement) et enfin mettent le cap vers l’est. (De La Chapelle aurait pu tout de même le faire avant, en sa qualité de vieux Rémois il aurait pu reconnaître un peu mieux la région).

Un tout petit peu plus tard, mission de couverture des ponts de l'Aisne de Fontenoy à Vally. Six Curtiss patrouillent entre 6 h 30 et 7 h 45. Un des avions ayant rebroussé chemin suite à un problème mécanique, se sont 5 appareils qui interceptent deux Hs 126 à 7 h 20. L'Adjudant Paulhan (Curtiss n° 276) attaque celui de droite, suivi par le Sous-Lieutenant Guillou et les autres pilotes : Capitaine Guieu, Blanc , Truhlar , Rubin. Le mitrailleur est rapidement mis hors de combat. Seul Paulhan continue la poursuite jusqu'aux lignes allemandes, à Fourdain, où il s'écrase en flamme. Faute de témoins, seule une victoire probable sera accordée.

 

 

Retour sur le secteur que les pilotes tiennent à 3 jusqu’à 7 heures 45. Au moment d’en partir Paulhan bat des plans et nous dirige vers Villers Cotterets, à la rencontre de 2 Me 109 rentrant chez eux. il leur coupe la retraite, mais ils les mènent vers un paquet de 5 + 3 autres. Paulhan attaque – Ses équipiers suivent mais n'obtiennent pas de résultats, car ils ont toujours un boche dans la queue au moment d’en attaquer un autre. Les équipiers de Paulhan le perdent de vue et rentrent en rase mottes. Au même moment, l'Adjudant Paulhan est aux prises avec 3 Me 109 et peut s’approcher de l’un d’eux qu’il seringue à 20 m . Il voit le boche amorcer un lent virage à droite pendant le el il tire encore, puis il l’abandonne, fait face aux deux autres qui ont fait demi tour. Il a très vraisemblablement descendu son Me 109 dans la région de la Ferté Milon…Cependant que Paulhan se bagarre seul contre 4 Me 109 et descend très certainement l’un d’eux, il est lui même touche, Paulhan doit se poser en campagne.

9 juin 1940


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Mission de chasse libre sur Rethel Attigny avec deux patrouilles triples à partir de 8 h 30. Vers Reims, les 8 pilotes français de la 4eme Escadre attaquent des bombardiers du II./KG 77. Les 9 appareils de la 3eme Escadre qui devaient les protégéer se lancent à leur tour à l'attaque des bombardiers mais les Me 109 du II./JG 52 qui survolent le tout piquent à leur tour. L'Adjudant Paulhan, attaqué par plusieurs Me 109E parvient à remporter une victoire confirmée au Nord de Troyes (Me 109E-1 du 4./JG 52 abattu près d"Epernay), avant de se poser lui-même en campagne, grièvement blessé et son Curtiss n° 89 défintivement perdu. Du sol, il a le temps de voir un second bombardier qui tombe mais qui ne sera jamais revendiqué par quiconque.

 

 

Nouvelle mission de destruction sur le secteur de Rethel- Attigny. Le temps est superbe, pas un nuage, une visibilité. Nous partons à trois patrouilles ainsi constituées : Lieutenant Vinçotte, sous-lieutenant Cordier, Sergent-Chef De La Fléchère, Sous-Lieutenant Plubeau, Sergent-Chef Jaussaud, Sergent-Chef Posta, Adjudant Tesseraud, Sergent-Chef De La Chapelle, Sergent-Chef Puda, et au-dessus une patrouille triple de la troisième escadrille, qui doit assurer la protection du dispositif.

Journal de marche (Ecrit par le Lieutenant Vinçotte) : Le décollage a lieu à 9 h.20. Puda qui a des ennuis avec ses mitrailleuses nous quitte presque aussitôt. Dès que nous arrivons sur le secteur nous commençons par voir plusieurs pelotons de trois bombardiers qui se dirigent vers le sud-ouest. Je décide d'attaquer le chef du premier peloton et je manoeuvre pour le tirer trois quarts arrière. C'est ce que je fais, mes équipiers me suivent comme mon ombre. Une première rafale qui va être bientôt suivie d'une deuxième. La deuxième patrouille attaque immédiatement derrière nous. Bonne défense des bombardiers. Mise en cercle. Et très vite tout le monde s'en mêle. Les bombardiers étant très nombreux et le ciel paraissant vide de tout chasseur. Les trois patrouilles de la troisième Escadrille descendent de leur perchoir, pour bagarrer aussi. Mais tout à coup changement de décors… des pois blancs qui basculent. Ce sont des Messerschmidt qui nous tombent dessus. Ils sont en force et attaquent immédiatement les Curtiss qui courraient aux fesses des bombardiers. Combats tournoyants que les Me 109 n'acceptent pas toujours. Confusion extrême.

Au cours de ces combats Plubeau réussit encore une fois à se signaler : il se met dans la queue d'un Boche avec la maestria que nous commençons à lui connaître et le met en flammes après lui avoir largué une bonne série de rafales ; il doit le laisser à son sort avant d'avoir eu la joie de le voir percuter car il y en a un dans sa queue qui commence à devenir menaçant. Pour ma part, je suis resté avec le fidèle De La Fléchère qui en prend un que je venais de tirer et qui l'accompagne en feu jusqu'au sol. Très bien De La Fléchère. J'avais abandonné ce pigeon car il y en avait un qui me tirait trois quart avant et que j'avais dû éviter. J'aperçois alors un Curtiss qui paraissait mal parti avec 2 boches aux fesses.

Je réussis à les seringuer, mais à ce moment le mauvais qui venait me tirer revenait par l'arrière et m'envoyait un superbe obus dans l'empennage. Le choc me fit faire un triple tonneau déclenché, et j'avoue que je ne me suis pas senti très fier, pendant quelques instants. Mais tout s'est à peu près bien terminé, et je n'avais plus qu'à revenir à Chalons, le point de ralliement. Là, je rencontrais De La Chapelle qui n'en revenait pas d'avoir seringué un Boche de très près sans apparemment lui avoir fait le moindre mal… La Fléchère bien protégé par Casenobe, de la 3, est revenu avec un taxi presque défaillant : il a réussi à se poser de justesse sur le terrain après avoir effrayé quelques témoins.

Plubeau est écoeuré, car, en bonne position il a raté un deuxième avion. Pour ma part j'avoue que c'est moi-même qui suis défaillant… En somme, nous n'avons pas été trop malheureux puisque avec des dégâts vraiment limités, nous avons sûrement descendu un Junkers, qui s'est abattu près de Mourmelon, après que 2 des occupants se soient jetés en parachute. Un Messerschmidt a été descendu par Plubeau et il y en a un autre très probablement pour La Fléchère et moi-même… A la 3 ils ont été moins heureux puisque Blanc (note au feuillet suivant) a du se jeter de son avion en flammes et que Paulhan
a du poser son avion en détresse près de Mourmelon.

 


Le soir, le groupe entier remet ça sur le même secteur. Nous y avons rendez-vous au Groupe I/5 qui est stationné presque à coté de nous à St-Dizier. Trois patrouilles de la 3 doivent protéger un Potez. Une patrouille triple de chez nous les protégent et une quinzaine de Curtiss circulent audessus. Chez nous prennent l'air : Sous-Lieutenant Plubeau, Sous-Lieutenant Cordier, Lieutenant Hlobil, Capitaine Engler, Sergent-chef De La Chapelle, Sergent-chef Posta, Adjudant Tesseraud, Sergent-chef Jaussaud, Sergent-chef Puda.

Tout ce joli monde (il paraît que j'emploie souvent cette expression) s'achemine vers les lignes. Le Sergent-chef Puda quitte bientôt la patrouille, il a une fois de plus des ennuis des mitrailleuses. A l'arrivée sur les lignes deux pelotons de bombardiers sont immédiatement repérés : l'un se dirige vers l'est, l'autre au nord de l'Aisne se dirige vers le sud. Un peu au-dessus un Heinkel 111, qui paraissait faire la liaison entre les 2 pelotons… Beaucoup plus haut, à environ 1.000 mètres au-dessus de nous exactement à hauteur et dans l'axe de la patrouille du Lieutenant Dorance du I/5 une patrouille de cinq à six Messerschmidt, qui se dirige, elle aussi vers le sud.

Tout devrait très bien se passer, nous sommes en force. Et bien non. Il faut d'ailleurs dire que nous ne sommes en fait pas si nombreux, car les avions du I/5 nous ont perdus et ils n'interviendront à aucun moment dans la bagarre, qui s'engage dès que le Sous-lieutenant Plubeau a photographié l'ensemble et a pris la décision d'attaquer. Il bat des plans et emmène ses patrouilles à l'attaque du Heinkel 111 isolé. Ses équipiers le voient tirer à plusieurs reprises, pendant que le Boche pique et essaie de se mettre sous la protection du peloton qui vient du nord. Il tire… Quand tout à coup ; crac… son avion est en feu. Il n'a que le temps de virer vers le sud et de larguer en parachute. Le combat se poursuit d'une façon assez confuse. Tout le monde y prend part et tire un peu partout. Mais nous n'avons pas la supériorité. Les résultats précis nous les ignorons. Seul le Heinkel 111 a été vu descendu en flammes et s'abattre au nord de Rethel.

Le Sous-lieutenant Cordier a sauté en parachute et Plubeau lui-même. En quelques mots il nous raconte son odyssée. Après une chute libre volontaire de 3.000 mètres, il s'est retrouvé en territoire français, à 300 mètres des lignes ennemies, la figure et les avant-bras sérieusement brûlés. Recueilli par 2 soldats d'un G.R.D. qui le ramenait vers l'arrière en moto, il fut tout à coup arrêté par une escouade sortie de derrière une meule de foin et malgré ses explications et ses papiers, il fut emmené à pieds baïonnettes dans le dos, jusqu'à un P.C. qui se trouvait à 3 kilomètres de là, où heureusement un chef de bataillon dispersa les trop zélés gardiens, et s'occupa de faire évacuer rapidement Plubeau.

Quelle impression pénible laisse à tous cette journée. C'est tout de suite qu'il nous faut du matériel moderne, des P.40 par exemple, qu'on puisse un peu surclasser les boches. Hier, c'était le spectacle des villes incendiées qui avait impressionné les pilotes ; aujourd'hui ce sont nos pertes et nos difficultés insurmontables.

 



 

Le Sous Lieutenant Plubeau a effectué 43 missions de guerre entre le 3 septembre 1939 et le 9 mai 1940 et 32 entre le 10 mai et le 9 juin. Après la dissolution du GC II/4 en août 1940, il rejoint, à Rabat, le 9 septembre 1940, la 2eme Escadrille du GC I/5 et vole avec cette unité jusqu'au débarquement allié en Afrique du Nord, le8 novembre 1942. Prenant part aux combats qui se livrent contre la flotte anglo-américaine, il doit effectue run atterrissage forcé le 9 novembre après avoir été touché par des F4F de la VF 9. Promu Lieutenant depuis mars 1942, il est détaché en mai 1943 au GC II/5 "Lafayette" et participe à la fin de la Campagne de Tunisie. Il regagne ensuite son groupe, rebaptisé GC I/5 "Champagne" et participe, sur Belle P-39N à la protection des convois alliés en Méditerranée.

 

P-39Q du GC I/5 "Champagne"

 

A partir de février 1944, il commande l'une des Escadrilles du CIC de Meknès avant dêtre promu au grade de Capitaine en septembre 1944. Du 20 novembre 1944 au 22 janvier 1945, il prend la tête de l'Escadrille 2 du GC 2/9 "Auvergne" basé à Reghaia, sur P-39Q et qui assure également des missions de protection côtière. Le 1er juillet 1945, il devient commandant du Groupe Aérien d'Entrainement et de Liaison n° 87 (GAEL 87), stationné au Bourget, puis à Villacoublay. Promu Commandant à son départ de l'Armée de l'Air, en octobre 1946, Camille Plubeau est rayé des cadres le 30 décembre 1957 avec le grade de Lieutenant Colonel de réserve.

Il est décédé le 13 mars 1998.

 


 

NB : L'unité tactique de l'escadrille est la patrouille, laquelle peut-être organisée comme suit :

- Patrouille simple : 3 avions.
- Patrouille légère : 2 avions.
- Patrouille double : 6 avions (2 patrouilles simples).
- Patrouille double légère : 4 avions (2 patrouilles légères).
- Patrouille triple : 9 avions (3 patrouilles simples).
- Patrouille triple légère : 6 avions (3 patrouilles légères).

 

 


Traducteur / Translator / Traduttore / übersetzer / vertaler

 



Croix de guerre
 


 



 


Victoires aériennes

Victoires  
8
.
6
  Collaboration
Probables  
4
.
o
  Collaboration
Non confirmées  
o
.
o
  Collaboration
Endommagés  
o
.
o
  Collaboration

Objectifs terrestres
.
Avions détruits au sol  
-
.
-
  Endommagés au sol
Blindés  
-
.
-
  Véhicules
Locomotives  
-
.
-
  Bateaux

VICTOIRES
Date Heure Revendic Type Unité Avion d'arme Unité Lieu   Référence
24/09/39 15.30 Détruit Me 109D
JGr 152 H-75A GC II/4 Pirmasens
1
(Slt) Plubeau Camille
24/09/39 15.30 Probable Me 109
JG r 152 H-75A GC II/4 Bienwald
-
(Adj) Plubeau Camille
30/09/39 11.00 11.20 Probable Me 109
H-75A GC II/4 Sud Bitche
-
(Adj) Plubeau Camille
31/10/39 15.45 16.15 Détruit Hs 126B
4.(H)/22 H-75A GC II/4 Offenburg
2
(Adj) Plubeau Camille
08/11/39 14.00 14.30 Détruit Do 17P
I.(F)/22 H-75A GC II/4 Hanviller
3
(Adj) Plubeau Camille
23/11/39 12.22 Probable Do 17
H-75A GC II/4 Saint Dié
-
(Adj) Plubeau Camille
11/05/40 11.00 Détruit Me 109
I./JG 54 H-75A GC II/4 Rambervillers
4
3
-
(Slt) Plubeau Camille
(Adj) Tesseraud Georges
(S/C) Jaussaud
11/05/40 11.00 Probable He 111P
II./KG 55 H-75A GC II/4 -
-
(Slt) Plubeau Camille
15/05/40 11.10 12.20 Détruit Ju 86
Do 17Z du III./KG 2 H-75A GC II/4 Warmerville
6
-
2
(Slt) Plubeau Camille
(Lt) Vinçotte
Max
(Sgt) Paulhan Jean
15/05/40 11.10 12.20 Détruit Me 109
II./JG 52 H-75A GC II/4 Vouziers
5
(Slt) Plubeau Camille
18/05/40 15.20 Détruit Me 109
7./JG 53 (Pil Pris) H-75A GC II/4 Rethel
-
7
(Cpt) Engler
(Slt) Plubeau Camille
18/05/40 15.30 Détruit He 111P
KG 55 H-75A GC II/4 Rethel
8
-
-
5
-
-
(Slt) Plubeau Camille
(Lt) Girard

(Cpt) Engler
(Cpt) Guieu Régis
(Slt) Rubin René
(Sgt) Paulhan Jean
18/05/40 15.30 Détruit He 111
KG 55 H-75A GC II/4 Rethel
9
-
-
6
-
-
(Slt) Plubeau Camille
(Lt) Girard

(Cpt) Engler
(Cpt) Guieu Régis
(Slt) Rubin René
(Sgt) Paulhan Jean
18/05/40 15.15 Détruit Me 109
2./JG 76 (Pil Pris) H-75A GC II/4 Rethel
10
(Slt) Plubeau Camille
06/06/40 05.30 06.05 Détruit Me 109
2./JG 76 H-75A GC II/4 Soissons
11
(Slt) Plubeau Camille
09/06/40 08.30 09.40 Détruit He 111
- H-75A GC II/4 Pontfaverger
12
(Slt) Plubeau Camille
09/06/40 08.30 09.40 Détruit He 111
- H-75A GC II/4 Aisne
-
13
(Slt) Cordier
(Slt) Plubeau Camille
09/06/40 08.30 09.40 Détruit Me 109
4./JG 52 (Pil tué) H-75A GC II/4 Pontfaverger
14
(Slt) Plubeau Camille


Sources


Avions Hors Série numéro 20 : Les As français de 1939 - 1940 : Première partie d'Accart à Lefol
Avions Hors Série numéro 25 : Les As français de 1939 - 1940 : Seconde partie de Le Gloan à Williame
http://www.gc2-4.com
http://www.century-of-flight.net/Aviation%20history/WW2/aces/Camille%20Plubeau.htm
http://aerostories.free.fr/pil_cha_fr/plubeau/
http://pagesperso-orange.fr/frenchaces/